RECHERCHE · VIOLENCE
6 infirmières canadiennes sur 10 ont subi de la violence au travail dans la dernière année.
La violence au travail dans le milieu infirmier canadien est répandue et structurellement sous-déclarée. Le sondage national FCSII 2025 (n=4 736) a trouvé que 6 sur 10 ont subi de la violence ou des abus au cours de la dernière année. Une étude à comité de lecture en C.-B. (Lee et coll. 2025, n=4 109) a trouvé que lorsqu'une infirmière subit des abus émotionnels, seules 6 sur 100 portent plainte formellement — et 3 sur 4 de celles qui ne signalent pas disent que « rien ne changera ».
Les chiffres
CONTEXTE — CFNU 2025 · n=4 736
6 sur 10
infirmières canadiennes ont subi de la violence au travail l'an dernier
Ce qu'on appelait « les risques du métier » est maintenant compté.
CONTEXTE — Lee et al. 2025 · n=4 109
6 / 100
infirmières en C.-B. signalent formellement les abus émotionnels — 12 / 100 pour le harcèlement sexuel
Les 94 autres l'ont ramené chez elles.
CONTEXTE — Lee et al. 2025 · n=4 109
3 sur 4
infirmières qui n'ont pas signalé un acte de violence ont dit : « rien ne changera »
CONTEXTE — CCOHS / AWCBC 2024
5×
plus de risque pour les travailleurs de la santé canadiens d'être agressés physiquement que les autres secteurs
CONTEXTE — CFNU 2025 · n=4 736
37 %
des infirmières canadiennes n'ont reçu aucune formation en prévention de la violence; 40 % aucune orientation santé-sécurité
CONTEXTE — Lee et al. (derived) 2025 · n=4 109
94 / 100
incidents d'abus émotionnels n'atteignent jamais un dossier formel
Comment signaler formellement la violence au travail
- Pendant le quart : assure d'abord ta sécurité immédiate. Appelle l'équipe de sécurité / Code Blanc ; hors hôpital, compose le 911. N'essaie pas de désescalader seule une violence physique.
- Dans les 24 h : remplis le rapport d'incident de ton établissement. Au Québec, c'est le formulaire AH-223 pour tout événement affectant un travailleur ; en Ontario, c'est un formulaire piloté par le CSST. Garde une copie.
- Dans les 7 jours pour les blessures avec perte de temps : dépose une réclamation à la CNESST (Québec) ou à la WSIB (Ontario). La couverture s'applique peu importe si le patient est accusé criminellement.
- Préviens ta section locale syndicale — même si tu ne veux pas de grief. Les patrons deviennent des leviers à la prochaine ronde de négo.
- Considère un signalement anonyme à CareVoice. Les patrons qui font bouger les politiques apparaissent dans les comptes agrégés — et les comptes agrégés ont besoin d'événements individuels derrière eux.
Questions fréquentes
- À quel point la violence envers les infirmières est-elle courante au Canada?
- 6 infirmières canadiennes sur 10 ont subi de la violence ou des abus au travail dans la dernière année (FCSII 2025, n=4 736). Les travailleurs de la santé canadiens ont 5 fois plus de risque d'être agressés physiquement que les autres secteurs (CCHST / AWCBC).
- Pourquoi les infirmières ne signalent-elles pas la violence?
- Une étude en C.-B. à comité de lecture (Lee et coll. 2025, n=4 109) a trouvé que 3 sur 4 infirmières n'ayant pas signalé citent « rien ne changera ». Seulement 6 sur 100 incidents d'abus émotionnel et 12 sur 100 incidents de harcèlement sexuel donnent lieu à une plainte formelle.
- La violence vient-elle surtout des patients?
- En volume, oui — mais beaucoup de cette violence est produite par le système (une infirmière pour 8 patients atteints de démence, sans formation à la désescalade). 37 % des infirmières canadiennes n'ont reçu aucune formation en prévention de la violence, et 40 % aucune orientation santé-sécurité (FCSII 2025).